Principe
Les textes présentés sont extraits de la revue Investissements Conseil
Ce dispositif fiscal, connu sous le nom de loi Malraux, peut se résumer de la manière suivante :
Les propriétaires d'un immeuble situé dans un secteur éligible à la loi Malraux peuvent :
* imputer les déficits fonciers résultant de leurs dépenses de restauration immobilière (Montant des travaux),sur le revenu global, et ce sans aucun plafond, sur 1,2,ou 3 ans suivant l'année d'achat du bien
Avantages
A l'exception des intérêts d'emprunt et des frais accessoires à l'emprunt, qui sont déductibles des seuls revenus fonciers, toutes les charges de la propriété de droit commun, de même que les dépenses de démolition, les travaux de reconstitution des toitures ou de murs extérieurs dès lors qu'ils sont consécutifs à ceux de démolition, ainsi que les travaux de transformation en logement de tout ou partie d'un immeuble, en ajoutant aussi les frais d'adhésion à des AFU, peuvent engendrer un déficit.
Ce dernier est alors imputable en totalité sur le revenu global de l'investisseur et non plus, comme dans le cas du régime de droit commun, sur les revenus fonciers.
Travaux déductibles
L'investisseur peut déduire de son revenu global l'ensemble des dépenses nécessaires à la restauration, et ce sans plafonnement de leur montant. Seuls les intérêts d'emprunt et les frais accessoires de ce prêt ne sont pas imputables sur le revenu global mais sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Parmi les dépenses imputables sur le revenu global, citons :
- l'ensemble des dépenses déductibles en application des règles de droit commun qui, logiquement, seraient imputables sur le revenu foncier mais qui, par dérogation, le deviennent sur le revenu global : frais de gérance et de rémunération des concierges, dépenses de travaux d'amélioration ou d'entretien;
- les frais d'adhésion aux AFU, qu'il s'agisse d'associations libres, autorisées ou constituées d'office ;
- les dépenses découlant de l'opération de restauration immobilière elle-même, incluant les travaux de démolition imposés par l'autorité qui délivre le permis de construire ;
- les travaux de reconstitution de toi ture ou de murs extérieurs d'immeubles existants rendus nécessaires par les démolitions imposées ;
- les travaux de transformation en logement de tout ou partie d'un immeuble à usage d'habitation pour le rendre habitable (y compris les parties antérieurement non habitables, telles que les combles et greniers), sans agrandissement du volume total bâti de l'immeuble. Dans tous les cas, les travaux doivent avoir été prévus par le plan de sauvegarde et de mise en valeur ou la déclaration d'utilité publique. En revanche, sont exclus les travaux de transformation en logements de locaux précédemment affectés à un autre usage (commercial ou professionnel).
Sortie du régime
Une fois l'opération Malraux terminée, l'engagement de location de six ans respecté, le bien est considéré comme un bien ancien traditionnel. Si vous désirez continuer à le mettre en location, vous pourrez selon les cas :
- avoir droit au régime du micro- foncier assorti de sa déduction forfaitaire de 30 %
- ou encore, si vous n'appartenez pas à l'une des catégories ci -dessus, être soumis au régime du droit commun des revenus fonciers.
Justificatifs à produire
Joignez à votre déclaration les factures prouvant la réalité des travaux ainsi que la copie de leur autorisation, sans oublier l'adresse du logement, la copie du bail et le nom du locataire.
Conditions
Pour bénéficier du régime fiscal accordé dans le cadre de la loi Malraux, plusieurs conditions sont requises:
Situation du bien
Le bien doit être un logement ancien situé :
- soit dans une zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) qui, depuis le 1" janvier 1998, remplace les périmètres de restauration immobilière (la création de ces ZPPAUP résulte d'un arrêté préfectoral publié au recueil des actes administratifs)
- soit en secteur sauvegardé (il existe quatre-vingts secteurs sauvegardés répartis sur l'ensemble du territoire).
Déclaration d'utilité publique
Sur le bien en question, l'acquéreur doit entreprendre des travaux de restauration immobilière qui devront avoir été déclarés d'utilité publique. Que le bien soit situé en ZPPAUP ou en secteur sauvegardé, les travaux entrepris doivent aboutir à la restauration complète d'un immeuble bâti, à cette réserve près que dans la mesure où certaines parties de J'immeuble ne nécessitent aucune intervention, la loi n'exige pas que l'on y engage des travaux.
Initiative de l'opération
L'initiative des opérations de restauration immobilière doit être prise par une personne seule ou par un ensemble de propriétaires regroupés au sein d'une Association foncière urbaine (AFU). Autrement dit, le vendeur du ou des immeubles concernés ne peut prendre l'initiative du regroupement des propriétaires et encore moins réaliser les travaux en leur nom.
Engagement de location
Une fois le bien réhabilité, le ou les logements doivent être loués nus à un locataire qui en fera sa résidence principale pendant une durée minimale de 6 ans. Mais, contrairement à la loi Besson, depuis 1994 le propriétaire n'est plus tenu de respecter des plafonds de loyers et de ressources du locataire.
Mises en garde
Le non-respect de la procédure peut entraîner la requalification, notamment s'il est démontré qu'il s'agit d'une vente camouflée en l'état futur d'achèvement.
Le second risque est de surpayer l'opération (achat du logement ancien plus les travaux).
Il ne faut pas non plus perdre de vue que la situation d'un immeuble en secteur sauvegardé n'est pas une garantie systématique de demande locative, ni de rendements locatifs intéressants ; là comme ailleurs, la qualité de l'emplacement est primordiale. En cas de non-respect du délai de location de six ans, tous les déficits imputés depuis le début sont réintégrés dans le revenu global de l'année en cours. S'il y a revente, même après six ans, le calcul de la plus-value imposable ne prend pas en compte le coût des travaux. Aussi, pour éviter une taxation importante, il n'est d'autre solution que de conserver le bien aussi longtemps que nécessaire pour réduire chaque année de 5 % la plus-value imposable.